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Startup, un modèle très difficile à financer.

startup financement d'une jeune pousse

Lancée en 2008, Airbnb, première plateforme de location d’appartements entre particuliers, est un énorme succès dans le monde et particulièrement à Paris qui est l’une des premières villes « Airbnb ». Valorisée plus de 30 B$, elle fait partie des premières licornes aux côtés des Spotify et autres Dropbox :

Tableau qui représente les licornes dans le monde

Brian Chesky, son fondateur, est aujourd’hui un modèle pour beaucoup de starturpers. Tout lui parait facile. Mais la réalité est que peu d’investisseurs se bousculaient au portillon de la startup à ses débuts. Dans un post Medium en 2015, Brian Chesky a rendu public plusieurs emails d’investisseurs reçus à cette époque. Tous ont en commun d’avoir poliment décliné l’opportunité d’investir dans la future licorne. Voici ce qu’il dit :

Une startup c'est très difficile à financer

Tandis que les grandes entreprises en croissance bénéficie d’un accès aux financements sans précédent en termes de coût et de volume avec des taux d’intérêts historiquement bas, les  startups peinent toujours à se financer en France. Explications.


La valeur d’une startup réside surtout dans les hommes qui l’a compose

Les startups sont des sociétés qui ont un avenir plutôt qu’un passé. Par conséquent, elles n’ont bien souvent aucune valeur patrimoniale. C’est très déstabilisant pour des financeurs classiques comme les banques. Au stade de l’amorçage, la tendance naturelle est donc de juger un projet uniquement sur l’idée. Grave erreur, nous explique Seth Godin:

Ideas are a dime a dozen. The money is in the execution.

Ce qu’il veut dire par là c’est qu’on ne monte pas une startup avec une bonne idée, mais avec une équipe crédible, de l’argent et du réseau. Une idée, en soi, ce n’est rien. On peut avoir la meilleure idée du monde, si on ne sait pas la mettre en œuvre ça ne sert à rien, ça ne vaut rien. D’ailleurs, pour prouver qu’une idée ne vaut rien du tout, il a mis en ligne gratuitement 999 idées de business à réaliser.

Pourtant c’est l’erreur que commet Fred Wilson qui a refusé d’investir dans Airbnb :

Fred wilsona investi dans twitter, kickstarter

La d’une startup réside surtout dans la capacité des équipes a développer, exécuter le concept. C’est ce qui est très difficile, car il faut tester le marché, échouer, revoir son produit,  recommencer.. jusqu’à ce que ça marche. C’est ce qu’on appelle Itérer ! Et la startup n’a pas tout son temps pour le faire. La vitesse de déploiement compte énormément, surtout dans le domaine du numérique, où bien souvent le premier installé sur le marché rafle toute la mise. Tout cela repose donc sur les hommes qui composent la startup. Ainsi, la passion que mettent le fondateur et son équipe dans leur travail est une denrée irremplaçable, c’est la matière première de toute startup.

Evaluer le potentiel d’un entrepreneur ou d’une équipe fait partie du métier de financeur. L’histoire des fondateurs d’Airbnb illustre bien toute la difficulté de cet exercice. Brian Chesky, a convaincu Paul Graham, directeur du Y Combinator, en lui racontant comment, lors de la campagne présidentielle américaine de 2009, il a réussi à glaner 30 000$ simplement en vendant des boîtes de céréales à l’effigie de John Mc Cain et Barack Obama. A cet instant Paul Graham est convaincu. Non pas par l’idée porté par Brian Chesky mais par son énergie et sa capacité lever les barrières qui sont devant lui.

Quelques années plus tard, Fred Wilson fera son mea-culpa :

Wilson fred est un investisseur

Pour se rappeler à vie de cette erreur, Fred Wilson garde l’une de ces boîtes de céréales dans la salle de conférence de son fonds d’investissement. Un bon moyen de se rappeler la nécessité d’accorder plus d’importance au potentiel d’un entrepreneur qu’à l’idée :

fred wilson est un investisseur

Une startup a des besoins de financement atypiques

Les startups se caractérisent par des besoins de financement importants, notamment en matière de R&D et dans leur développement commercial. Dans l’économie numérique, il y a peu de vainqueurs. Les capitaux se concentrent sur les entreprises qui sortent du lot et semblent pouvoir devenir des géants. Seuls les investisseurs qui ont misé sur les rares gagnants réaliseront un retour sur leur investissement: « The winner takes all ». Tous les autres perdront leur mise tôt ou tard. L’enjeu est donc de déployer suffisamment de capital pour avoir une chance d’être actionnaire du futur leader du marché.

C’est notamment le cas d’ Uber qui a perdu plus de 4 milliards de dollars depuis sa création, et qui continue d’en perdre… Frédéric Mazzella, fondateur de BlablaCar, explique très bien en quoi le financement d’une startup est particulier :

le ceo de blablacar explique ce qu'est une startup

Voilà donc pourquoi les financeurs se retrouvent bien embêtées devant ce type de projet.  Financer une startup, c’est avant tout parier sur des hommes. Et ça c’est très difficile. Non seulement une startup n’a pas la possibilité de rembourser son crédit bancaire durant sa phase d’amorçage, mais en plus il est très difficile d’évaluer le temps qu’il lui faudra pour sortir de cette phase et d’avoir enfin cette capacité à rembourser.  Il lui faut donc des capitaux patients.

 

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