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Non, ton entreprise n’est pas une startup.

une startup est une entreprise bâti pour la croissance

Pourquoi Blablacar est-il une startup ? Pourquoi Tesla n’en est pas vraiment une ? Quelle différence entre une PME et une startup ? Le mot startup est il un simple effet de style, un buzzword ?

Utilisé à tout va, ce terme a perdu de son sens et mérite d’être clarifié. Le mot « startup » désigne une forme d’entrepreneuriat bien précise qui nécessite des modalités d’accompagnement et de financement bien particulières : contrairement à une entreprise classique, quand on investit dans une startup on ne sait pas quand on va récupérer sa mise. Et ça change tout.

Alors, qu’est-ce qu’une startup ?

Jean-Baptiste Rudelle, CEO de Critéo, explique que l’on reconnaît une startup d’abord parce qu’elle s’est structurée pour grandir très vite. Elle cherche l’hyper-croissance coûte que coûte. Tout ou rien.

Définition startup

Steve Blank, serial entrepreneur et connu notamment pour avoir développé « The Customer Development method » à l’origine du mouvement Lean Startup d’Eric Ries, propose une définition plus complète (complétée par The Family) :

Qu'est ce qu'une startup

Arrêtons nous quelques instants sur chacun de ces termes.

Une startup est une organisation temporaire

Une startup est une jeune entreprise. Attention, toutes les entreprises naissantes ne sont pas des startups. La traduction française du terme – jeune pousse – est donc trompeuse. Le statut de startup n’est pas définitif. A ses débuts, la startup innove et prend énormément de risques. Elle a besoin d’un cadre spécifique pour grandir très vite. Son modèle n’a pas encore fait ses preuves.

Une startup recherche son modèle économique

Une startup devient une entreprise établie à partir du moment où elle sait comment créer et capturer de la valeur. C’est à dire qu’elle a trouvé comment générer une source de revenus stable et prédictible.

Le modèle économique de la startup est scalable

Un modèle économique est dit « scalable » lorsqu’il a la capacité à dupliquer un processus avec fiabilité lorsque le volume augmente : Chaque nouveau client servi doit coûter moins cher que le précédent. C’est notamment le numérique qui permet d’édifier ces modèles à rendements croissants. Grâce aux puissants effets de réseau, plus les utilisateurs sont nombreux, mieux l’entreprise est en mesure de les satisfaire, si bien que l’entreprise dominante tend à conquérir le marché dans son ensemble – une situation que les économistes qualifient de « monopole naturel ». L’effet de réseau est donc ce qui se produit lorsque l’utilité d’un produit ou service augmente si d’autres personnes l’utilisent.

Prenons Facebook. Si personne n’est sur Facebook, ça ne sert à rien d’aller sur Facebook. Par contre, si tout le monde est sur Facebook, il devient presque obligatoire d’avoir Facebook pour avoir une vie sociale. Le premier utilisateur coûte très cher à Facebook, le second un peu moins…. et puisqu’il y en a 1,5 milliards aujourd’hui… Plus une startup grandit plus elle bénéficie de ces effets de réseau contrairement aux grands groupes classiques qui maîtrisent mal les rendements croissants (M.Porter explique que dans beaucoup de secteurs, les économies d’échelle s’annulent lorsque l’entreprise atteint une certaine taille : pendant de nombreuses années, GM a été le plus grand constructeur automobile du monde, et cela ne l’a pas empêché de faire faillite. En fait, si l’on prend la taille comme seul critère, on pourrait dire que l’Américain était trop gros pour réussir). Tout le contraire d’une startup donc.

Le modèle économique de la startup est réplicable

Le modèle économique doit être reproduit dans des endroits différents avec le moins de frictions que possible afin de générer une croissance rapide. Uber possède t-il un modèle réplicable ? A priori oui, on est tenté de dire que ce qui marche aux USA ou bien à Paris peut marcher dans toutes les capitales. Sauf que la réalité est plus complexe… Uber a perdu son droit d’opérer à Londres.

Le modèle économique de la startup est profitable

Un business model peut être profitable, mais une entreprise être à perte. Ce qui est important, ce n’est pas que l’entreprise fasse du bénéfice ; ce qui compte, c’est que le business model soit profitable. Par conséquent, une startup qui décide d’adopter une stratégie de développement et de croissance internationale peut entraîner des coûts tellement élevés que la startup n’en tire pas encore de réels profits. Le champion du covoiturage Frédéric Mazella explique cela très bien  :

le ceo de blablacar explique ce qu'est une startup

La startup n’est pas nécessairement numérique

Toute entreprise n’est pas nécessairement technologique. Certaines s’appuient sur des révolutions sociologiques et pas seulement sur l’apparition de nouvelles technologiques. Airbnb et BlalaCar en sont deux exemples. Il est certain que ces entreprises n’existeraient pas sans l’internet. Mais elles ne s’expliquent pas que par lui. La technologie ne suffit pas à définir ces startups. Il faut y rajouter une mutation sociologique : l’arrivée de l’économie du partage, le partage de sa maison, partage de sa voiture plutôt que de la possession. Dans le cas d’Airbnb, l’offre n’est pas la même que celle d’un hotel Accor. Dans le cas de BlablaCar, l’offre n’est pas non plus la même que celle du loueur Avis. Uber fait au contraire partie des startups numériques s’appuyant sur une très forte technologie. Le service est comparable à ce que promet une course en taxi.

Une startup n’évolue pas nécessairement dans l’économie numérique. Elle peut-être médiatique, biologique, médicale, etc. Une startup est une entreprise qui utilise, plus et mieux que les entreprises classiques les technologies numériques, qu’il s’agisse de l’internet, de robots ou d’équipement informatique. Beaucoup de startups sont issus de l’économie numérique car internet offre de nouvelles possibilités et notamment de créer des business model scalable.

Alors, pourquoi TESLA n’est-elle pas une startup ?

Malgré tous les efforts que se donne Elon Musk pour donner une image « startup » à TESLA, elle n’en est pas une startup. Dans son business, là où TESLA est innovant ce n’est pas dans la mécanique mais dans la batterie électrique. Il est le promoteur de la batterie à bas prix. Tesla ne respecte pas le critère de la taille. En fait Elon Musk crée des entreprises de grande envergure dès l’origine. Soutenue par le gouvernement américain par des subventions et commandes publiques, Tesla ressemble plus au programme du Concorde qu’aux débuts, devenus mythiques, de Google.

Source :

→ The Family :  Comprendre la scalabilité et travailler son pragmatisme en start-up

→ Jean-Baptiste Rudelle : On m’avait dit que c’était impossible

→ Steve Blank : What’s a startup, firt principles

→ Jean-Louis Beffa : Se Transformer ou mourir

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