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Ne commencez pas par un MVP

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Les investisseurs d’aujourd’hui ne financent pas les idées, ou le développement de produits. Ils financent la traction. Et vous avez besoin de clients pour démontrer la traction. La tentation est alors grande de commencer par créer un MVP (Eric Ries, 2008).

Un MVP cette version allégée de votre produit star qui vous permet, tout en limitant les investissements en termes d’argent et de temps à développer un produit que personne ne veut, d’apprendre et de valider les hypothèses de départ. Pour faire simple, de valider qu’il y a bien une demande (la fameuse traction) pour votre produit et donc un marché (donc un business rentable !).

Le MVP de DropBox est l’un des plus célèbre. A l’aide d’une simple vidéo présentant le projet puis d’une landing page plus détaillée les fondateurs ont récoltés plus de 75 000 leads et donc de quoi convaincre les investisseurs. Je ne vais pas plus loin, Eric Ries en personne explique à merveille le MVP de dropbox  ici.

Beaucoup de startupers commencent par créer un MVP et c’est une erreur (Mais c’est toujours mieux que de développer un produit pendant un an sans tester) car lorsqu’ils ne trouvent pas ce qu’ils cherchent (le MVP ne confirme pas ce qu’ils voulaient), les équipes perdent pied et sont incapables de repartir de l’avant. Métriques et feedbacks ne leurs sont alors d’aucune aide.

Pourtant, en respectant méthodiquement quelques étapes préalables au MVP, ce passage à vide peut-être évité.


MVP : Le piège des metriques

Si la tentation est aussi grande de commencer très vite par un MVP, c’est aussi parce que c’est le moment un peu magique où vous donnez vie à votre produit.

Mais voilà… après avoir listé les fonctionnalités à développer en priorité, conçu les wireframes… et finalement développé une première version de votre produit (le MVP), le moment fatidique de consulter les métriques (Retention, Churn, Time spent, Repeat visits, etc.) arrive. Et PATATRA, le couperet tombe… la rétention est faible, les utilisateurs ne reviennent pas après leur première utilisation.

Pensant que votre MVP n’est pas suffisamment bon, le premier réflexe est de mettre en oeuvre d’innombrables tests, développer de nouvelles fonctionnalités et d’opérer un certains nombre de pivots. Mais vous ne parvenez pas à interpréter les retours de vos utilisateurs, vous ne trouvez pas la solution. Les métriques ne s’améliorent pas et vous tournez en rond. Le piège s’est refermé sur vous. Vous êtes bloqué.

Le problème avec les métriques est qu’elles peuvent seulement vous dire ce qui ne va pas, mais pas pourquoi.


MVP : Méfiez-vous du feedback

En fait, si votre MVP n’est pas pertinent pour vos utilisateurs vous n’aurez pas de retours constructifs et ne parviendrez pas à résonner avec eux.  La boucle d’apprentissage (Construire → Mesurer → Apprendre) pour itérer et affiner le MVP ne se mettra jamais en place.

Pourquoi ? Parce que les itérations permettent de détecter des problèmes, mais pas forcément d’y trouver des solutions.

todd olson MVP

En fait, si votre MVP n’est pas bon, les quelques utilisateurs ne se transforment jamais véritablement en testeurs, ils vous livrent simplement et patiemment leurs commentaires sur la façon d’améliorer votre produit … Mais tout ça n’est que du bruit et il faut s’en méfier.

En résumé, commencer par un MVP (la conception de la solution), c’est comme construire une clé sans porte. Bien sûr, vous pouvez construire rapidement une belle clé, mais ensuite vous allez passer un temps fou à trouver les bonnes portes pour les ouvrir. Vous pourriez avoir de la chance et la trouver du premier coup, mais si ce n’est pas le cas, il vous faudra les tester une par une. Vous y perdrez tellement d’énergie (sans comprendre ce que vous faites) qu’il est fort probable que vous abandonniez le projet d’épuisement.


La boucle itérative comme validateur

En fait, il faut voir cette boucle comme un validateur d’idée. Si vous mettez en oeuvre une idée suffisamment pertinente et réussissez à attirer vers vous les early adopters, il est possible d’itérer à partir de votre MVP et de mettre en place la boucle d’apprentissage. En revanche, si votre idée n’est pas bonne, tout ce que vous apprenez c’est que votre idée n’est pas pertinente. C’est tout.

TOdd Olson met en garde contre le MVP et le lean startup

Séparez la vision de la conception de la solution (MVP)

Si le succès dépend de la qualité de l’idée de départ, comment peut-on commencer avec une idée raisonnablement bonne ?

C’est LA bonne question. Aujourd’hui, le défi  n’est pas de construire plus de produits (ça c’était les Trente Glorieuses), mais de découvrir ce qu’il faut construire. Pour y parvenir et ne pas se perdre dans les itérations et le développement de petites fonctionnalités, il vaut mieux séparer la vision de la conception.

Et pour construire une vision, il n’y a rien de mieux que de parler à vos futurs clients directement.

Attention, je ne parle pas de lancer votre produit sur quelques communautés en ligne telles que Product Hunt et Hacker News pour générer du buzz. Ou encore lancer des annonces en ligne pour générer du trafic. Vous retomberiez inévitablement dans les mêmes travers  en vous laissant guider par des paramètres. Rappelez-vous, le problème avec les métriques c’est qu’elles peuvent seulement vous dire ce qui ne va pas, mais pas pourquoi.

Avant de vous lancer dans le MVP, vous devez construire une offre en suivant un processus précis.


Sources :

→ La méthode Lean Startup by Eric Ries ;

Iteration is not design by Todd Olson ;

→ Entrepreneurs, et si le Lean Startup n’était pas la solution magique ? by Stephane Degonde.

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