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Je suis accro à Linkedin et je sais pourquoi.

accro à facebook

Je checke Linkedin chaque matin, environ 20 minutes après mettre levé. Avant je lisais le journal. Maintenant, j’ai mon portable.

Et cela ne s’arrête pas là, je vais y retourner au moins 2 ou 3 fois dans la journée, si ce n’est plus. Et je fais plus ou moins la même chose avec Facebook et What’s app.


Tous junkies ?

Pour moi c’est Linkedin, Facebook et what’s app. Mais pour d’autres c’est Insta, Snap, Youtube, Gmail, Messenger, Twitter. Selon Tomi Ahonen, nous consultons notre smartphone environ 150 fois par jour en moyenne.

Inutile de le nier, nous sommes tous plus ou moins addictes.


La guerre des gangs

En 2017, Facebook a atteint la barre des 2 milliards d’utilisateurs.

facebook l'application aux 2 milliards de consommateurs

Depuis plus de 10 ans, la croissance du nombre d’utilisateurs de l’application est vertigineuse et c’est ce qui fait la valeur économique de l’application.

Pour satisfaire leurs actionnaires, ces applications sont condamnées à croître. Elles ne peuvent pas se permettre de voir leur nombre d’utilisateurs stagner, sous peine d’être sanctionnées en bourse.

Mais aujourd’hui, attirer des millions d’usagers ne suffit plus. La valeur de ces applications réside également dans leur capacité à faire rester l’utilisateur le plus de temps possible sur l’application et de le faire revenir le plus de fois possible par jour.

Selon le New York, c’est si vrai que pour décider si Google devrait dépenser des millions, voire des milliards de dollars, dans le cadre de l’acquisition d’une nouvelle société, son directeur général, Larry Page, réalise toujours le même test sur l’acquisition :

Comme ma brosse à dents, est-ce quelque chose que j’utiliserai une ou deux fois par jour ?

En 2006, on riait quand Google rachetait Youtube pour 1,65 milliards d’euros. Et pourtant, Larry Page a probablement investit dans cette application justement parce qu’elle avait réussit ce test. Aujourd’hui, Cet investissement ne fait plus débat.


Faire parler la poudre

Les géants du numériques dépensent des milliards pour nous faire venir et revenir sur leur produit. Mais comment font-ils ? Comment font-ils pour rendre cette poudre si bonne ? Quelle est donc cette formule ?

GAFA addict

J’ai trouvé quelques réponses dans le livre de Nir Eyal.

Ce que j’ai compris, c’est que, pour construire un produit addictif, les enjeux sont beaucoup plus de comprendre la psychologie et les neurosciences que technologique ou technique.

Pour preuve, le 7 novembre 2013, jour de l’entrée en bourse de Twitter, un commentateur de la chaîne télévisée Bloomberg a déclaré : « la technologie nécessaire à la création de l’entreprise aurait pû être développée en un jour ». Il avait raison. Twitter est une simple application. Beaucoup ont alors pensé qu’ils pouvaient faire mieux.

C’es le cas notamment de App.net qui a lancé l’une des tentatives les plus abouties pour contrer Twitter a qui il était reproché de mettre trop de publicités.

concurrent twitter

 

Techniquement plus aboutie que Twitter et sans publicité, l’application avait de sérieux atouts pour concurrencer Twitter. Mais elle n’a jamais décollé.

Selon Nir Eyal, le mécanisme de l’addiction se déroule en quatre étapes :

  • Le déclencheur : Le déclencheur est l’activateur du comportement. NE appelle cela la bougie d’allumage. Telle une démangeaison, ce sont les stimulus qui appellent ou rappellent d’ouvrir l’application.
  • L’action : C’est un comportement ultra simple qui se manifeste en anticipation d’une récompense (3ème phase). Grâce aux techniques du design utilisateur, le produit provoque des actions précises chez l’usager ;
  • La récompense : L’action (phase 2) doit être récompensée pour amener l’utilisateur à reproduire cette même action c’est à dire produire du contenu.
  • L’investissement : A la différence de la phase d’action qui apporte une récompense immédiate, la phase d’investissement concerne l’anticipation de récompenses à venir.

I love my dealer

Ces entreprises du numérique sont très fortes à ce jeu et savent pertinemment qu’elles rendent addictes les gens et peuvent aller jusqu’à faire du mal aux plus fragiles. Comme le disait le théoricien de la culture Paul Virilio:

Lorsque vous inventez le navire, vous inventez également le naufrage

À quelques exceptions près, lorsqu’un produit nuit aux consommateurs, les consommateurs ont tendance à l’utiliser moins souvent ou à trouver des solutions alternatives moins nocives.

Elles ont conscience qu’il y a une ligne rouge à ne pas dépasser et que la dépendance pourrait être néfaste à leurs intérêts à long terme. Elles n’attendent donc pas d’en arriver là.

En 1968, le gouvernement fédéral américain a exigé que les voitures soient équipées des ceintures de sécurité. L’industrie de l’automobile l’avait anticipé 19 ans plus tôt. Les lois sont venues bien après.

Tout comme l’industrie de l’automobile à développé des ceintures de sécurité, IOS s’est doté de fonctionnalités permettant de lutter contre l’addiction. Il est désormais possible de retourner son Iphone pour ne pas être dérangé. Aussi, la fonctionnalité baptisée Screen Time permet à l’utilisateur d’avoir des informations détaillées sur son utilisation de son smartphone, comme le temps passé sur les applis, les sites, le nombre de notifications reçues ou encore le nombre d’utilisations par jour.

C’est pourquoi ces entreprises développent des fonctionnalités pour permettre aux utilisateurs de mieux contrôler leur utilisation. Ils ont intérêt à le faire par ce que ce qui est bon pour l’utilisateur est également bon pour leur cour boursier. Elles ne veulent pas que nous devenions accro. La dépendance est un comportement compulsif nocif. Ils préféreraient plutôt que nous adoptions des habitudes saines avec nos smartphones.


Juste une dernière

Ces entreprises prennent soin de nous… Ou plutôt, elles affichent qu’elles prennent soin de nous.

Qu’on se le dise, en matière de prévention, elles pourraient faire beaucoup mieux.

Contrairement aux industries du tabac et de l’alcohol qui ne connaissent pas vraiment les gens vulnérables, les entreprises du numérique peuvent, à l’aide d’une IA, tracer précisément les comportements. Par exemple, simplement en comptant le nombre de clics, elles peuvent détecter les attitudes déviantes.

Pourquoi Netflix ne propose pas à ses utilisateurs, à la fin d’un épisode, de limiter le nombre d’heures de visionnage ? Pourquoi Facebook ne permet pas à ses utilisateurs de désactiver ses notifications à certaines heures de la journée ? Pourquoi Apple et Android rendent extrêmement difficile la tâche de désactiver les notifications d’applications particulièrement addictives ?

Ces entreprises ont les outils pour identifier, communiquer, prévenir et aider les personnes qui souhaitent une utilisation modérée. Mais elles ne le font pas, en tout cas pas vraiment.


Sources :

Tech companies are addicting people ! But should the stop ? By Nir Eyal ;

Hooked, How to build a habits forming habits By Nir Eyal.

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